



Au mois de septembre 2007, cela fera cinquante ans qu’Henri PAPIN, en religion Frère Henri de Montfort, aura quitté ses chers sourds pour lesquels il s'était tant donné.
Pour tous ceux qui l'ont connu et estimé, nous allons présenter une biographie qui vous le fera connaître davantage dans tous les grands moments de sa vie.
PAPIN Henri, René, Auguste, Maxime, est né le 11 novembre 1907 à Saint-Martin de Bern, en terre vendéenne, sur la côte atlantique à une quinzaine de kilomètres au Nord des Sables-d'Olonne. Issu d'une famille modeste de trois enfants, un frère et une soeur, son père était journalier et sa mère lavandière.
La soeur de Henri PAPIN se rappelle de quelques souvenirs. Henri repartait sur sa soeur, plus jeune, les commissions que lui demandait sa mère. Celle-ci s'étonnait de le voir déjà rentrer, il répondit avoir envoyé "papote" (sa soeur) faire les commissions à sa place pour aller jouer avec les enfants du
quartier.
En 1913, lors d'un mariage de deux cousines, au demande à Henri pourquoi il ne danse pas avec les invités. Il répondit qu'il voulait se faire évêque.
Nous ne savons rien de la période de la Grande guerre 14-18.
Il avait 12 ans lorsqu'il entra à la Congrégation montfortaine au juvénat saint Gabriel de saint Laurent sur Sèvre, en Vendée le 14 février 1919 pour y préparer son postulat.
Le 20 mars 1923, il demanda à entrer en religion et reçu la vêture (prise d'habit) le 8 septembre 1923 à Peruwelz (Belgique). Ce fut le début de son noviciat au cours duquel il prononça ses voeux chaque année. Ses voeux triennaux ont été prononcés en 1927. Puis cinq ans plus tard, le 15 août 1932, jour de l'Assomption, il prononça ses voeux perpétuels.
Au cours de sa période de formation religieuse, il fit divers séjours à l'école de
Le 15 Septembre 1926, il est professeur à l'institution des sourds de Saint-Jean de la Ruelle près d'Orléans. Là, sous l'habile direction de Monsieur BOYER, il s'initia à l'enseignement très particulier des élèves sourds et devint un excellent professeur.
Son passage à l'institution fut de courte durée puisque l'obligation du service militaire l'appela à Bar-le-Duc (Marne) au mois de mai 1928 jusqu'en octobre de l'année suivante. Il revint à nouveau à Saint Jean de la Ruelle et y resta jusqu'à l'appel à la mobilisation générale en septembre 1939. Entre temps, il fut nommé sous-directeur de l'institution en 1932.
Il fut mobilisé en 39-40 comme caporal-chef, puis sergent. A la signature de l'armistice de 1940, il se trouvait en zone non occupée. L'armée ayant été réduite, il fut démobilisé.
Le frère Henri PAPIN revient alors à Saint-Jean de la Ruelle comme sous-directeur. En 1945, il prit la direction de l'institution.
Avec l’aide de Maître PERROY, président du Comité de patronage de l’Institution, il fit le projet d’agrandir l’institution et de gros travaux furent entrepris en 1954 pour construire un nouveau bâtiment que nous connaissons actuellement, dans le prolongement de l’ancien.
Les travaux durèrent 4 ans.
En 1950 déjà, il entreprend la construction d’une colonie de vacances à Notre Dame des Monts en Vendée qui accueille les premiers colons en 1951.
Le 15 août 1954, il est nommé inspecteur des établissements d’enseignements spécialisé des sourds à la fédération nationale des instituts des sourds et d’aveugles de France (F.I.S.A.F.) dont il fut en outre membre du Conseil d’administration.
Ses qualités d’administrateur faisaient de lui un homme très écouté.
A la rentrée scolaire de septembre 1957, il reprit la direction de l’institution à Saint-Jean de la Ruelle, mais sans doute épuisé par tant d’activités passées et de lourdes responsabilités, il décéda presque subitement dans la nuit du 23 au 24 septembre 1957, avant d’atteindre ses 50 ans.
Du journal « l’Echo de Famille » de novembre 1957 retraçant brièvement la vie d’Henri PAPIN, nous pouvons lire : « Doué d’un riche tempérament, il semait autour de lui la joie et la confiance..., il avait sur ses élèves le plus grand ascendant ».
Dans ses responsabilités de directeur et l’inspecteur, il ne reculait devant aucune peine pour accomplir les missions qui lui étaient confiées et toujours avec la même bonhomie.
Son dévouement, ses qualités d’enseignant et de bâtisseur donnèrent à l’institution de Saint-Jean de la Ruelle une réelle prospérité, qui restera le témoignage de son amour pour une œuvre à laquelle il s’était entièrement donné.
Près des anciens élèves sourds, aussi bien de son institution que d’autres, son influence était grande et le bien qu’il leur fit, spécialement dans les groupes parisiens, lui valut d’être nommé Président d’Honneur de l’Amicale « Ile de France ».
Avec Monsieur SAINT-ANTONIN, président de l’Amicale d’Orléans, il étudia un projet d’union d’amicales d’anciens élèves des écoles de la fédération.
En consultation avec Monsieur CARIOU, directeur de l’institution de la Persagotière de Nantes, Monsieur LELIEVRE, directeur de l’institution des sourds de Bordeaux, Monsieur BARON de l’institution des sourds de Marseille, les statuts de cette union furent établis en 1949.
De cette union naquirent les réunions départementales d’amicales auxquelles Frère PAPIN ne manqua pas d’assister les derniers mois de sa vie.




